Chapitre 3 : Et je me casse !!!
Le petit, la fillette, la tapette,... Voilà comment on l'appelait ici. Enfin ça c'était surtout les autres enfants et parfois les surveillants aussi, mais pour les profs, il était le numéro 52. Ils avaient chacun leur numéro dans cette orphelinat, c'était soi-disant plus pratique. C'était le numéro inscris sur leurs vêtement, sur leurs affaires (si ils en avaient !), c'était le numéro de leur lit, de leur placard. Ainsi si l'un d'entre eux partait, plus besoin d'enlever les étiquettes avec son nom, le suivant prendrait la place vide et deviendrait alors le nouveau numéro untel.
De plus, dans cette orphelinat, les dirigeants eux-mêmes ne connaissait pas le prénom de tout les enfants. Beaucoup était simplement trouvé sous le porche, sans rien qui puisse les identifier. Et puis à quoi bon se casser la tête à les renommer alors que la famille qui les adopterait, préférerait le faire elle-même.
Pour toutes ces raisons, la plupart des enfants de cette orphelinat, abandonné à la naissance, ignorait jusqu'à leur prénom.
Pourtant un enfant ne peut être juste un numéro, alors les surnoms avaient pris le dessus sur ces noms inconnus.
Les plus âgées baptisaient les plus jeunes, avec plus ou moins de gentillesse et de cruauté.
-Et l'PD ! Un grand garçon d'environ quinze ans, s'approcha du seul arbre de la cour. Il avait les cheveux blonds coupés court, de grande oreille et un petit née busqué, tout en muscle il respirait l'intelligence (transpirait plutôt XD. La fin de la phrase et tout a fait sarcastique évidement !) Il était suivi de trois autres garçons. Une petite teigne, courte sur patte, un brun en surcharge pondérale et un grand blond dégingandé aux dents de cheval. (Ils sont tout beau, tout plein, non ?)
Ils s'approchaient d'une petite silhouette que l'on ne pouvait que deviner dans l'ombre du grand arbre.
-Répond moi quand j'te parle erreur de la nature ! Cracha-t-il.
-Fout moi la paix, l'Bison. Répondit la silhouette.
-Tu ne me parles pas comme ça, enflure !
Le Bison (c'est son surnom, pour ceux qui on pas suivit !^_^) empoigna la dite enflure et le projeta au sol sans ménagement, provoquant un nuage de poussière.
-J'vais t'apprendre, comment faut parler à tes supérieur, toi ! Tu le regretteras !
Il s'approcha de la silhouette qui était maintenant en plein soleil alors que ses trois comparses refermaient le cercle, menaçant.
Le jeune releva la tête, crachant un peu de poussière, et son visage apparu au grand jour.
Des cheveux noirs en pagaille, veiné de mèche rouge, un visage fin, une peau pâle et deux yeux noisette étonnants. Mais qui dardait pour l'instant un regard haineux vers les quatre garçons.
"Mais dans quoi je me suis encore fourré, moi. Ils ne pouvaient pas me foutre la paix pendant une journée, non ? "
Il le savait, il avait fait une bourde en lui répondant. Et maintenant il allait le payer. Il était plutôt petit et fin pour son âge, il n'avait jamais gagné dans une bagarre et ce n'est pas aujourd'hui qu'il y arriverait.
Il se releva lentement, se préparant à ce qui allait suivre. Dès qu'il fut debout, les trois compagnons du Bison furent sur lui, l'entravant totalement.
Il gémit lorsque son bras fut tordu dans son dos et le Bison esquissa un sourire carnassier en approchant de sa proie.
Un poing partit. Atteignit son ventre et lui coupa le souffle.
Mais le Bison ne lui laissa pas le temps de le reprendre avant de lui démolir l'arcade. Les coups s'enchaînèrent plus violent les uns que les autres. Il s'effondra vite au sol ce qui n'empêcha pas ses assaillant de continuer. Il ne prenait même pas garde au surveillant car même si celui-ci les voyait il ne ferait rien, juste apprécier le spectacle de loin.
Les coup furent dur à encaisser mais ne lui arrachèrent pas un cris, pas une larmes, pas un mot...
Cela faisait longtemps qu'il ne criait plus. Peut être à force d'encaisser les coups, ne les sentait il plus, peut être par force d'habitude ...
Connerie ! On ne peut pas s'habituer à être maltraité, on ne peut pas s'habituer à la douleur, seul notre raison s'effondre sous les coups. Et nos espoirs, petit à petit.
Avant il s'accrochait car il espérait que sa mère viendrait le chercher. Il s'accrochait de toute ses force à l'espoir qu'un jour il quitterait cet endroit de cauchemar.
Maintenant il n'espérait plus. Il avait compris que cela ne servait à rien, l'espoir ne le sauvait pas de coups.
Il avait décidé de crée sa propre chance, à défaut d'en avoir. Mais pour cela il devait être fort. Il avait enfermé ses peurs, ses doutes, ses larmes dans une boite de pandore dont il avait jeté la clef.
Le seul sentiment qu'éveillaient en lui les coups était maintenant la lassitude et l'ennui.
La colère ou le désir de revanche ne l'amènerait à rien, il ne pourrait jamais les battre seul et contait bien partir d'ici avant qu'il ait assez grandit que pour les battre.
Il ne pensait qu'à ça, ne tenait que pour ça, sa seul vengeance contre ses gens qui lui on fait tant de mal serait de réussir à partir et vivre mieux qu'eux. Alors il étudiait, passait son temps à lire, s'informant sur le monde, pour avoir une chance de s'en sortir.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Il repris conscience avec le goût métallique du sang dans sa bouche. Il s'était évanouit.
-Merde !
Il se releva tant bien que mal, aujourd'hui aussi il ne mangerait pas. Le dîner était passé, et ce n'est pas pour lui que la cuisinière garderait un plat, elle était plutôt du style à le laisser crever de faim.
Il se dirigea lentement vers les dortoirs, espérant que personne n'avait remarqué son absence.
Malheureusement pour lui, à peine entrée dans le bâtiment il vit la bande à Spyke se diriger vers lui. Il essaya de se fondre dans les ombres du couloir mais ils l'avaient déjà repéré.
-Alors comme ça notre petite poupée insulte les plus âgée ? Ce n'est pas bien, tu sais. Je croyais pourtant qu'on te l'avait appris. Il pris un air théâtral, d'une mère éploré.
-Notre éducation est-elle si mauvaise ? Continua-t-il.
-Et bien cela ne fait rien, on n'a pas grand-chose à faire ce soir donc que dites vous d'une petite séance de rattrapage, les gars ? Il se retourna vers les deux garçons qui le suivaient.
Ils étaient tout trois très grand et musclé, plutôt beau, cela faisait dix-huit ans qu'ils étaient dans cet orphelinat et ils étaient rodés à la bagarre. Mais de plus, Spyke n'était pas dépourvu d'une certaine intelligence, ce qui le rendait encore plus dangereux, bien plus que Bison.
-Ouai, tu à raison Spyke je crois qu'il n'attend que ça !
-Non mais, regarde cette bouille d'ange toute effrayé ! On dirait qu'il a peur de nous. Pourtant il ne doit pas, hein Spyke ?
Spyke s'approcha doucement du jeune homme qui se recula jusqu'à toucher le mur.
-Non il n'a aucune raison d'être effrayé par nous. Il glissa sa main sur la joue tremblante du garçon. Nous ne lui voulons que du bien...
Il tremblait de tout ses membres, envolé sa détermination et son courage, tout ce qui lui restait était une peur incommensurable. Peur qu'il lui refasse la même chose que l'année passée.
Il ne pouvait plus bougé, mais il savait que s'il ne faisait rien, il serait à nouveau leur jouet pour quelques heures. La dernière fois il s'était sentit souillé jusqu'au plus profond de son âme. Et cette souillure n'était jamais vraiment partie...
-Tu ne dis rien ? A tu perdu ta langue ? Spyke s'approchait de plus en plus dangereusement de son visage. Veut tu que je t'aide à la retrouver ?
Spyke avait passé un bras dans son dos pour le rapprocher de lui et lui caressait maintenant le bas du dos. Ses poings se crispèrent, ses jointures blanchirent et du sang s'écoula même de sa paume meurtrie par ses ongles.
Il ne devait pas les laisser faire, il se l'était promis, de toujours être fort, de s'en sortir, de se construire lui-même un avenir...
-Lâche moi ! Ses mains tremblaient, mais pas sa voix, elle était basse et froide. Et il dardait un regard farouche sur ses trois agresseurs.
-Ho, ho ! Qu'ouis je, notre petite poupée se rebelle ! Tu veux faire ta grande ? Pas de bol ce soir, il me faut un peu de bon temps et tu es le plus désigné dans ces cas là. Sais tu que je bande rien qu'en pensant à la dernière fois, tu me fais un de ces effet...
Il se rapprocha pour prouver ses dires et le jeune homme pu sentir une bosse à travers les vêtement de Spyke.
-Je ne le répéterais pas, lâche moi !
-Ho chéri arrête avec ce regard et cette voix ou sinon je ne pourrait plus me retenir ! Rigola Spyke.
Mais son rire mourut dans sa gorge et il s'effondra de douleur quand le genou du jeune garçon atterrit pile dans ses bijoux de familles. Avant que les deux autres pussent réagir, il avait déjà bondit donnant un coup de poing dans le visage du plus proche, lui cassant le nez.
Et il s'encourut le plus vite possible par où il était venu, des pas le suivant.
Il ne savait pas où il allait, peu lui importait, il devait fuir. Il ne voulait même pas penser à ce qui lui arriverait si on le rattrapait, cela ne devait pas arriver.
Ses pas le menèrent à la grille de l'orphelinat, qu'il escalada rapidement. Il était ivre de peur, il ne savait plus si on le suivait, si c'était des pas qu'il entendait ou les battement effréné de son c½ur.
Ce n'était pas comme ça que ça devait ce passer, il avait décidé de se préparer avant de s'enfuir, de faire de réserve de nourriture, de voler quelques affaires utiles,...
Et là il s'enfonçait dans la nuit, dans des cartiers inconnus, sans rien.
Sa côte probablement cassée lui faisait mal, mais il continua de courir comme si sa vie en dépendait, ce qui était un peu le cas.
A bonne distance de l'orphelinat, il ralentit finalement. Sa tête tournait, son pouls battait dans ses tempes, mais personne ne l'avait suivit.
Et c'est plus calmement qu'il se remit à marcher dans la ville endormie.
Après quelques temps il arriva enfin dans un quartier un peu plus animé. Des néons clignotaient de partout, des jeunes faisait la file devant les boites de nuit, de la musique sortant de bar proche égayait la rue, des femmes peu habillé vendait leurs charmes au coin des rues,...
Était ce bien de se retrouvé dans se monde ? Ne risquait on pas de le reconnaître, ou au moins le remarqué, seul enfant dans cette foule d'adulte ?
Il se posait trop de question et sa tête lui tournait encore plus. Il ne pu s'inquiéter des regards étonnés que lui lançaient certaines personnes, avant que sa vision ne se trouble et que son esprit le lâche à nouveau.
Sous le regard interrogateur de quelques adultes, le corps du jeune garçon s'affala sur le trottoir.
(à suivre,...)