Tom était encore une fois de plus dans son grenier. Son père l'avait encore énervé et seul l'atmosphère feutrée du grenier arrivait à le calmer.
La lumière entrant à flot par les petites lucarnes, dessinait des cercles sur les lattes de bois poussiéreuses. La poussière jouait dans ces rayons dorés, formant des nuages de dessin en constante évolution.
Pourtant ce grenier n'avait rien de plus que les autres, il y avait plusieurs des ses anciennes affaires, attendant en vain que le petit Tom reviennent pour jouer avec. Et plusieurs autre chose appartenant à son père. Mais dans un coin, caché sous un lourd tissu, ce trouvait un trésor.
C'était le bien le plus précieux qu'il possédait.
Sous ce tissu, dans un vieux coffre en bois, était entreposé tout ce qui restait des affaires de sa mère après sa mort.
Il y a bien longtemps qu'il connaissait la vérité, ou plutôt, bien longtemps que son père lui avait révéler le peu qu'il savait.
Lorsqu'ils s'étaient connu, ils étaient tout deux très jeune, mais malgré le refus familial devant cet amour, ils étaient resté quatre ans ensemble. Ils avaient vécu quatre ans de bonheur. Mais la famille de son père avait tout gâché. Assez riche, elle ne pouvait concevoir que son fils se marrie avec une fille au revenu modeste, ils envoyèrent donc son père étudier dans un pensionnat loin de Berlin.
Il n'avait plus jamais ni revu, ni entendu parler d'elle. Trois ans plus tard, à la sortie de ses études, un avocat était venu le voir, portant un petit enfant dans ses bras.
La jeune mère était morte d'une pneumonie et tout ce qu'elle avait laissé était là, réunit dans ce grenier.
Tom avait découvert ce coffre lors de ses six ans, il avait déjà l'habitude de monter au grenier lors de ses colères et était tomber par hasard sur ce coffre. Il contenait quelque vêtement, quelques bijoux... Mais le plus important trésor pour lui, c'était ce petit carnet de cuir usée, un petit carnet qui contenait les mémoires de sa mère.
Dés qu'il eu comprit ce que renfermait le carnet, il n'avait eu qu'une hâte, celle d'apprendre, le plus vite possible, à lire.
Il c'était donc penché avec un sérieux que son père ne lui connaissait pas, sur ses études. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il comprit que le carnet n'était pas écrit en Allemand mais en Français.
Il ne voulait en aucun cas que quelqu'un d'autre puise voir ce carnet et par là donc que quelqu'un le lui traduise. Il avait donc pris son mal en patience, et pris Français en deuxième langue.
Son père n'avait jamais comprit pourquoi, seul en cour de français, son fils faisait des efforts, alors que pour tout les autre cours, c'était une catastrophe.
Cela faisait à peine un ans et demis qu'il avait pu se mettre à la traduction du petit carnet, Mais il ne voulait pas allez trop vite. C'était réconfortent de lire ses lignes écrites par la main de sa mère, qui lui racontait une histoire, lui contait son histoire.
Il avait peur de terminer trop vite sa lecture. Que le souvenir de sa mère, qu'il faisait revivre à chaque page, s'évanouisse une fois la dernière tournée.
Donc il prenait son temps, se restreignait à ne lire qu'une page à chaque fois qu'il visitait le grenier, comme pour le calmer.
Il était maintenant arrivé au trois quart du carnet. Si elle avait continué à écrire jusqu'à sa mort, il lui restait environ encore deux ans de confidence.
Il alla chercher le petit carnet brun et s'assit comme à son habitude dans un vieux fauteuil en osier pour commencer sa lecture.
20 décembre 1988,
Et oui cela fait bien longtemps que je n'ai plus foulé de ma plume les pages de ce journal, je m'en excuse. Mais ma vie a pris un tournant qui ne m'est pas des plus favorable pour l'instant.
Il m'a quitté, ho bien sûr c'est par obligation de sa famille, mais voilà ce qu'il en est, il est partit et il me manque. Je lui écris tout les jour, mais je n'ai pas eu encore une seule réponse. Je crois que sa famille intercepte son courrier.
Mais ce n'est pas tout, je crois que je suis enceinte...
De lui...
Je ne sais plus quoi faire, ma famille ne l'acceptera jamais. Il leur est financièrement impossible de s'occuper d'un nourrisson. Mais je ne veux pas le perdre, il est tout ce qu'il me reste de lui.
25 décembre 1988,
Je crois que j'ai fait une bêtise, je me suis enfuie...
Je leur ai parlé de l'enfant. Ils voulaient me faire avorter, j'ai crié, j'ai pleuré et je me suis enfuie lorsqu'ils dormaient tous.
Je me débrouillerais bien toute seule. Et puis je ne suis pas vraiment toute seule car je suis avec lui...
Mon petit bébé.
Tom referma le carnet des larmes coulait de ses yeux alors qu'un petit sourire se dessinait sur ses lèvres. Il était si triste de savoir tout ce que sa mère avait enduré, mais savoir qu'elle avait fait tout ça pour lui, lui donnait chaud au c½ur.
En un mois Tom avait lu et revécut entre ces ligne une bonne partie de la grossesse de sa mère, ses joies, ses peines, sa difficulté à trouvé un appart et un boulot, ses chance en tombant sur des gens compréhensifs...
Il ouvrit à nouveau le petit carnet de cuir, confortablement installé dans son fauteuil, et entama la suite de l'histoire.
2 septembre 1989,
OUF! Il est une heure du matin et je viens de donner naissance, à 22H00 pile, à la plus grosse surprise de toute ma vie! Ce n'est pas un mais deux petits garçons qui sont sorti de mon ventre. Deux jumeau en parfaite santé et se ressemblant comme deux goutte d'eau.
-QUOI??? Comment ça deux!!!
Ses mains serrées sur la couverture, les lèvres tremblantes, Tom ne comprenait plus rien.
Ils étaient...deux...
Tout ça n'était pas possible, si il avait un jumeau pourquoi n'était il pas, ici, avec lui?
Pourquoi n'en avait il jamais entendu parler? Son père, savait-il? Pourquoi, pourquoi n'en savait il rien? Si il n'avait jamais lu ou même trouver ce carnet il n'en aurait jamais rien su!!!
Tom paniquait.
La seule chose qui pourrait lui fournir ces réponses, était le petit carnet de cuir que se mains agrippaient à s'en faire mal.
Bouleversé il continua la lecture.
J'ai Baptiser le premier Tom et le second, de dix minutes, Bill. Ils sont maintenant tout deux dans un berceau à côté de moi et je ne peu m'empêcher de les admirer.
Ils sont tous les deux châtain clair et de ce que j'ai pu voir des yeux de Tom, ils auront les prunelles noisette de leur père.
En parlant de père, n'étant pas marier, je ne pu leurs donner le nom des Kaulitz. Sa famille n'apprécierait pas, je crois.
Dormez bien mes petits anges et sachez que votre maman vous aime de tout son c½ur.
3 septembre 1989,
J'ai peur.
D'après ce que j'ai comprit au discours de l'infirmière qui est venue ce matin, Le coût de mon hospitalisation sera assez élevé.
De plus je vais devoir les déclarer à la commune, ce qui n'est pas donné non plus.
Mais surtout, je les déclare sous quel nom, moi?
Si je veux qu'ils prennent le nom de leur père, il va falloir qu'il les reconnaisse et qu'il m'en laisse la garde.
Ce n'est pas de lui que j'ai peur mais de sa famille, elle doit avoir trop peur que je leur demande des indemnité par après, pour me laisser les garder. Je sais qu'elle a le pouvoir de réclamer leurs gardes et je n'ai pas de quoi payer un avocat.
Si ils veulent, ils pourront tout me prendre, ils ont assez d'argent et me détestent assez pour cela.
Je ne sais plus que faire.
Contrairement à son habitude Tom ne s'arrêta pas après une page, mais continua. Tout ce que cela impliquait était bien trop grave que pour le laisser à une prochaine fois.
Il avait le besoin bestial de savoir ce qui c'était passé ensuite. Tous les non-dits autour de la mort de sa mère. Et Bill...
Il avait besoin de savoir ce qui était arrivé à son petit frère.
C'est en larmes et tremblant qu'il reprit sa lecture.
7 septembre 1989,
J'ai fait la plus grosse erreur de ma vie...
Je ne pourrais jamais plus me regarder dans une glace...
J'ai fait la pire chose qu'une mère pouvait faire à son enfant...
Je l'ai abandonné...
Sous le p... d'un orphelinat de Berlin.
J... me suis enfu... de l'hôpital, je ne pouvais ... payer.
J'ai gardé Tom. Pourquoi? Je n'en sais rien... C'était l'aîné.
Il m'était impo...ble de les élevé tout les d...
...pas le choix...
...désolée...
Une grande partie du texte était illisible tellement l'encre avait coulé. Des traces de larmes étaient encore visibles. Seul témoin de la tristesse d'une mère qui avait du abandonner, de grés, son enfant.
Tom rajoutait ses larmes à celles de sa mère.
Ne pouvant rien faire d'autre que pleurer. Pour sa mère, pour ce frère disparut, pour tout ce qui avait fait que sa mère fut obligée de les séparer ce jour là.
Il sécha ses larmes de son coude et tourna la page.
Il trouva la suivante blanche.
D'un blanc immaculé.
Et se voisine pareil. Une trentaine de pages étaient ainsi, blanche, sans comporter la moindre écriture.
Il tourna fiévreusement les pages, à la recherche d'une lettre, d'un indice, n'importe quoi qui pourrait lui dire ce qui était arrivé. Pourquoi sa mère n'avait elle plus écrit une seule ligne?
Arrivé à l'avant dernière page, il vit avec bonheur que l'écriture reprenait. Bien que celle-ci semblait moins assurée, presque tremblotante.
17 décembre 1991,
Si je me permets de recommencer à écrire dans ce carnet, alors que je me l'étais interdit.
C'est parce que je sais que je vais mourir.
Je n'écrit pas pour me plaindre car je sais que depuis cette nuit, je n'en ai plus le droit, par respect pour toi...
Je sais que je n'en ai plus pour longtemps, il suffit de voir les regards désolés que me porte les infirmières ou ceux qu'elles envoient à Tom.
Tom qui est à mes côtés depuis le début de mon hospitalisation, Tom qui dort maintenant à côté de moi.
C'est lui qui m'a permit de tenir pendant ces deux ans, c'est pour lui que je me levais chaque matin, que je me démenais au boulot.
Sache que je t'aime Tom, que je t'ai toujours aimé et que je t'aimerais à jamais.
Cela fait trois ans que j'ai appris votre existence, trois ans que j'ai quitter ma famille sans le regretter car je l'ai fait pour vous.
Cela fait deux ans que je m'en veux, deux ans sans vivre pleinement car tu n'étais pas à nos côtés...
Bill, saura tu un jour me pardonner ? Bien que je n'en ai pas le droit...
Chaque jour j'espérais avoir fait le meilleur choix, je me persuadais égoïstement que tu étais mieux là-bas, sans moi...
Mon ange, je ne t'ai jamais oublié, tu était mon petit bébé, tu as grandit dans mon ventre et moi je t'ai trahi, toi et ton frère.
Car je le sais, en vous séparant, je l'ai privé d'une partie de lui. Chaque soir il pleurait seul dans le noir et je ne pouvais pas le consoler.
J'ai cassé ce lien spécial qu'il existe entre les vrais jumeaux, et ce geste me dégoutte de moi-même.
Alors je vous demande pardon à tout les deux...
À toi Bill pour t'avoir abandonné et privé de la présence de ton frère et à toi Tom pour t'avoir également priver de ton petit frère et pour bientôt aussi t'abandonner contre mon grés cette fois.
J'ai laissé un mot pour les infirmières disant de contacter ton père, Tom, avant de faire quoi que ce soit. J'espère qu'il s'occupera bien de toi.
J'ai confiance en lui. Je l'aimais et je crois que je l'aime toujours.
Ce sera les dernières lignes que j'écrirais. Ma pneumonie mal soignée m'a emporté trop loin, je crois que je ne verrais pas le lever du soleil.
Alors je vais juste m'endormir en pensant à vous mes anges, vous qui me rendrez fière quoi que vous faite. Car vous êtes et vous resterez, pour toujours, mes deux petits princes, mes deux enfants...
Tom referma lentement le petit carnet et le laissa échouer au sol. Son corps le suivit peu de temps après.
En position f½tale sur le sol, son corps était secoué de pleurs silencieux. Il était horrible de connaître les dernières pensées d'un mort mais lorsqu'il s'agissait de sa propre mère et que ces dernières pensées étaient pour lui... Non pour eux!!
C'est à lui et Bill que sa mère pensait.
Mais pourquoi avoir emporter se terrible secret avec elle, pourquoi ne pas avoir laisser une lettre à son père pour qu'il aille récupéré Bill. Car il en était sûr maintenant, son père ne savait rien. Bill non plus...
Des millier de questions tournaient dans sa tête, il s'était redresser et était à genoux sur les lattes poussiéreuse, les larmes toujours dégoulinante sur ses joues.
__________________________________________________________________________
Marc avait enfin réussi à cuisiner quelque chose de potable. D'habitude Tom était toujours là pour l'aider et rattraper ses bourdes. Mais aujourd'hui encore ils avaient eu un accrochage et Tom était partit se réfugier dans le grenier.
Ça avait toujours été comme ça depuis tout petit, Tom s'emportait facilement dés que quelque chose lui déplaisait et il partait toujours bouder dans le grenier.
Marc ne pouvait comprendre l'attrait, quasi hypnotique, qu'exerçait le grenier sur son fils en colère. Mais il ne cherchait pas vraiment à savoir non plus, il préférait nettement le savoir au grenier qu'errant dans la ville ou occuper à casser tout le mobilier.
Non mais, c'est vrai! Pauvre mobilier, aucune considération. (-_-')
Allez fallait appeler le monstre maintenant.
-TOM!! SORT DE TA GROTTE ET VIENT MANGER!! Cris qui fit trembler, jusqu'aux fondations, la maison.
Pourtant dix minutes plus tard, et toujours pas de Tom en vue.
-YOUHOU! TOM A TABLE!
Nouveau tremblement de maison... Toujours pas de Tom.
Marc légèrement inquiet, bin oui son bébé avait pu se blesser dans le grenier et être occuper de se vider de son sang dans un coin. (J'ai déjà entendu ça quelque part!^_^)
Il monta alors au grenier, tout en appelant encore son fils, qui aurait très bien pu se trouver dans la salle de bain, comme dans sa chambre, à ce qu'il en savait.
Mais ses appels moururent dans sa gorge lorsqu'il poussa la porte du grenier et vit son fils, à genoux, pleurant toute les larmes de son corps.
Il fut un moment stupéfait devant ces larmes. Cela faisait dès année que son fils n'avait plus versé une larmes, tout du moins en sa présence et voir ce jeune de seize ans, pleurer comme un enfant, le déstabilisait au plus haut point.
La seule chose qui lui vint à l'esprit, fut: Mais c'était quand même pas si important cette dispute, si ?
Il s'approcha doucement, lui laissant le temps, si il le voulait, de lui refuser d'entrer. Mais Tom ne fit rien, au contraire ses larmes redoublèrent lorsqu'il vit son père.
Marc s'approcha, s'agenouilla à ses côtés et le prit dans ses bras.
Il lui murmura pendant un quart d'heure une litanie de paroles rassurantes.
-Shhuutt, calme toi. Tout va bien. Calme toi...
Lorsque Tom sembla enfin se calmer un peu et reprendre conscience de son environnement il lui demanda simplement:
-Mais qu'est ce qui t'a mis dans cet état?
Tom repris son souffle dans un hoquet et il lâcha sa bombe.
-On était deux... Dans un murmure.
-Comment ça? Marc semblait totalement perdu, mais de quoi parlait son fils? Deux quoi?
Tom recommença à pleurer. Il désigna le petit carnet de cuir au sol, à côté d'eux.
-Mam...Maman a écrit un journal avant...avant de mourir. Je, je ne suis pas le seul...
Il y a ...Bill, C'est mon jumeau... Elle, elle la abandonné...
Il fut incapable de continuer et se nicha davantage dans le cou de son père.
Le cerveau de Marc tournait à vide, il refusait d'enregistrer et de croire tout ce que son fils avait dit.
Il reporta alors son attention sur cet étrange cahier de cuir. Il l'attrapa à bout de bras et l'ouvrit sur la première page.
Ce cahier appartient à:
Isabelle Heiderick
Non! Il ne pouvait le croire!
Mais c'était bien l'écriture de celle qu'il avait toujours voulu appelée "sa femme".
Il prit alors directement la dernière page et commença la lecture de ce qui avait, apparemment, bouleversé son fils.
À la fin il était encore plus perdu, et ne voulant pas commencer à tout lire, il demanda quelque précision à Tom qui s'était, entre temps, quelque peu remit.
Il finit en larmes également. Il avait des jumeaux...
Tom lui avait tout expliqué, la fuite d'Isabelle, son accouchement, ses problèmes, Bill... , sa maladie et enfin ses excuses et ses mots d'amour.
Il se sentait si coupable de n'avoir rien pu faire pour elle, lui qui disait l'aimer, n'avait pas pu la protégé contre toutes ses horreurs.
Il sera encore plus fortement Tom contre lui. Il n'y avait plus qu'une seule chose qu'il pouvait faire...
-On le retrouvera! Je te promets qu'on le ramènera à la maison et qu'il vivra avec nous. Je te le promets...
Deux hommes, enfin un père et son fils âgé de seize ans, se serraient dans leurs bras, envoyant leur pensée au loin. Vers le fils ou le frère perdu, pendant qu'un dîner refroidissait dans la cuisine.
(à suivre,...)
